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Ces réflexions ont commencé par un groupe de personnes qui ont passé du temps à réfléchir ensemble à d’importantes questions. Ce projet est issu du travail du dialogue entre anglicans et catholiques romains du Canada. Il a émergé de la prise de conscience croissante du changement dans la teneur des questions concernant la religion dans notre culture. Les Canadiennes et Canadiens moyens semblent moins préoccupés par la manière de favoriser l’unité entre des Églises chrétiennes divisées  et plus enclins à se poser quelques questions de base: Pourquoi le christianisme?  Pourquoi l’Église? Pourquoi, à tout prendre, une religion organisée?

Tout dialogue commence par la perception d’une différence. Cependant, nous nous sommes de plus en plus centrés sur les façons par lesquelles  les anglicans et les  catholiques romains pourraient s’adresser d’une même voix aux personnes de notre culture. Cette réorientation fait écho à des développements plus étendus au sein de nos deux communions.

Un synode sur l’évangélisation s’est tenu au sein de l’Église catholique dans le but de mieux comprendre comment l’Église pourrait rejoindre  les personnes qui posent des questions sur la vie et la foi —questions auxquelles on a  peut-être  répondu de façon inadéquate dans leur jeunesse.

Au sein de la communion anglicane, on déploie une  énergie comparable pour alimenter des conversations sur l’Évangile et la culture, tel que mentionné dans les Cinq Marques de la Mission, plus particulièrement l’appel  à proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume.

Les deux Églises se demandent si et comment il peut être possible de parler à nouveau de la foi en Jésus Christ à ces personnes.

Le dialogue entre anglicans et catholiques romains s’est demandé comment il pourrait appuyer l’Église, dans son ensemble, dans son désir de rencontrer les personnes là où elles sont  dans leur questionnement sur la foi. Le dialogue s’est aussi demandé si ce moment précis dans notre culture serait peut-être un appel aux Églises à mettre en place une nouvelle façon d’être œcuméniques.

Sur le plan international, les anglicans et les catholiques romains sont engagés dans un dialogue depuis la fin des années 1960. Ici au Canada, le dialogue théologique entre nos Églises a commencé en 1971, et un dialogue distinct a débuté en 1975 entre nos évêques. Ces dialogues ont tous deux donné d’excellents résultats. Ils nous ont aidés à identifier  les éléments de foi,  nombreux et significatifs, que nous partageons. Ils ont aussi identifié des différences, qui subsistent et qui sont le sujet de notre dialogue en cours.

Par ce projet, notre dialogue national entre anglicans et catholiques romains tente quelque chose de nouveau: comment pouvons-nous témoigner ensemble de la foi que nous avons en commun? Nous continuerons à nous pencher sur nos différences en temps opportun mais, étant donné combien nous nous sommes rapprochés au cours des dernières décennies, comment pouvons-nous parler de nos joies et de notre espérance ensemble—dès maintenant—de façon à captiver les esprits et les cœurs des personnes d’aujourd’hui qui sont en quête?

Ensemble nous avons lancé des idées concernant les questions existentielles de base qui préoccupent beaucoup de nos contemporains. Elles sont devenues les sujets des essais qui suivent: Pourquoi le monde est-il tel qu’il est? Ira-t-il bien? Qu’est-ce que le courage? Quel est mon but dans la vie? La religion et la science—comment s’imbriquent-elles? Pourquoi tant de religions? Pourquoi croire? Pourquoi une appartenance? Pourquoi prier? Pourquoi l’Église? Pourquoi appartenir à cette Église?

Au cours de plusieurs rencontres, des théologiens et des évêques du dialogue ont rédigé des projets de réponses individuelles  à ces questions et le groupe les a par la suite discutées.  Nous nous sommes interrogés sur le sens des mots et la facture des phrases. Nous avons travaillé à rendre nos mots accessibles plutôt qu’ésotériques et mystifiants, tout en restant porteurs des vérités théologiques que nos communions ont en commun.

Au fur et à mesure que ce travail en commun avançait quelques réalisations-clés se sont imposées comme thèmes.  Il était important que notre écriture communique clairement le fait que nos méditations ne fournissent  pas «des réponses» aux questions existentielles profondes qui sont posées. Nous avons plutôt cherché à réfléchir à ces questions de manière approfondie et à partager certaines des riches connaissances que la tradition chrétienne propose à leur lumière. Nous voudrions souligner que ces textes, issus de notre dialogue, sont sous la responsabilité individuelle des auteurs. De plus, nous reconnaissons que ces réponses  ne viennent pas toujours aisément et qu’elles n’ont pas pour but de clore la conversation  sur ce qui est vrai, bon, beau et sur ce pourquoi il vaut la peine de faire des efforts dans la vie.

Enfin, nous partageons avec vous une grâce qui a émergé du dialogue: vivre l’expérience de réaliser combien, en fait, nous  avons en commun en tant que catholiques romains et anglicans. Ce n’est peut-être qu’une fois ou deux au cours du processus qu’on a posé la question: «Est-ce que votre Église croit aussi en cela?»

Nous espérons qu’on trouvera dans ces pages des éléments  qui puissent  rendre plus claire notre compréhension  de ce que cela signifie que de croire au Dieu de Jésus Christ, que d’appartenir à une Église, que de prier et que de discerner les traits du courage ainsi que sa mission personnelle. Merci de nous avoir donné l’occasion de partager une partie de notre cheminement avec vous.

Paix et joie de la part du dialogue entre anglicans et catholiques romains du Canada!